La musique à Notre-Dame de Paris

1500 ans de musique sacrée à Notre-Dame

Dès la fondation de l’Eglise se développèrent de concert les rites liturgiques et les chants religieux enseignés dans des scholæ. À Paris, on peut retrouver des « traces » de musique au VIème siècle dans l’ancienne cathédrale Saint-Etienne. C’est ainsi que dès son origine, la cathédrale et la musique ne firent qu’un. À la fin du XIIe siècle, les voûtes en ogive toutes nouvelles, lancées en plein ciel pour constituer le chœur de l’église, appelaient une musique, toute nouvelle aussi. Les maîtres et chanteurs de l’époque mirent au point un style audacieux de chant à plusieurs voix superposées, qui fit le renom de l’ Ecole de Notre-Dame , avec Léonin, Pérotin et leurs célèbres organa. C’est à la même époque, pense-t-on, que fut mis en service le premier orgue de la Cathédrale. C’était un petit orgue positif, qui se mêlait au chœur pour soutenir la teneur du plain-chant. Au XIVe siècle, les archives du chapitre font déjà mention des enfants du chœur de Notre-Dame, qui chantaient chaque jour les offices avec les chanoines et recevaient pour cela un enseignement général et musical dans le cloître Notre-Dame.

À partir de 1455, leur demeure fut fixée dans la maison du chanoine de Gaillon. Après s’être vêtus du costume de chœur, ils entraient dans la Cathédrale par la porte Rouge et se trouvaient ainsi à pied d’œuvre pour chanter les heures de l’office. Au nombre de 8, puis de 12, à partir de 1550, leurs voix se mêlaient à celles des adultes, clercs de matines, devant le grand Lutrin, sous la direction de leur maître de musique. L’ Ars Antiqua des premiers chantres avait fait place à d’autres formes de musique, mais le plain-chant restait l’essentiel. Au XVIIème siècle, quelques maîtres de musique de Notre-Dame connurent la notoriété en étant choisis pour la Chapelle du Roi : Jean Villot, Pierre Robert, André Campra et Jean-François Lallouette. En 1992, la Maîtrise de la Cathédrale Notre-Dame de Paris a été profondément réformée dans le cadre de l’Association Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris.

Comme en ses premiers temps, la musique continue d’occuper une part considérable dans le rayonnement de la cathédrale Notre-Dame. Les auditions d’orgue hebdomadaires, les récitals d’orgue mensuels, les concerts donnés par la maîtrise, tout témoigne de l’exigence et de l’excellence auxquelles s’appliquent tous les acteurs actuels de la musique à Notre-Dame. Mais c’est peut-être dans l’exercice de leur fonction première, celle d’assurer la splendeur des offices, que les chœurs, les organistes, les chefs de chœur et le maître de chapelle approchent au plus près cette étincelle de transcendance à laquelle le visiteur de Notre-Dame reste rarement insensible, qu’il y voie la marque de Dieu ou du génie humain. C’est alors que, humbles et superbes à la fois, ils donnent une âme à cet édifice grandiose, conçu pour élever l’homme vers l’absolu, l’universel et le sublime.

Dès les premiers temps où l’Eglise sortit des catacombes (avec l’édit de Milan instaurant, en 313, la liberté de culte), elle commença à s’organiser en paroisses et en évêchés. Des besoins liturgiques et musicaux se firent sentir et bientôt, sous l’impulsion des monastères les plus puissants, se développèrent des rites et un répertoire de chants religieux. Les évêques fondèrent des écoles, les scholæ , où l’on enseignait aux enfants le chant et les sept arts libéraux (au nombre desquels la musique, considérée (...)
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